Dakar < back Concevoir un projet urbain où, entre deux hivernages, dix artistes contemporains interviennent sur les murs de dix quartiers de Dakar. Expression libre. Le nom d'un nouveau vent au pays des vents ? À peine quelques souffles, deux voir trois bouffées, éphémères, une brise à laquelle les plus optimistes ne donnent pas trois hivernages. En réalité le projet ressemble de près à une alchimie, une formule magique non pas chuchotée à l'abri des oreilles indiscrètes mais hurlée au grand air, à tue-tête, par là et par là. Dix peintres, dix murs, ou presque. Les même pinceaux, les uns qui piochent dans les fonds de peinture des autres, connus ou pas ou en voie de. Deux messages, trois provocations, treize spectateurs, pour des des centaines de "c'est quoi ?" amusés ou crachés, c'est selon (le jour, l'humeur, la pluie, l'argent qui rentre ou pas). La rencontre s'est faite à bout portant, en direct sans multiplex. Ici un peintre, là la rue, souvent celle qu'il côtoie, et des gens, petite vieille ou jeune branché "cool-nice-quoi", qui lui ont parfois dit bonjour, mais rarement pendant qu'il faisait cela. Quoi ? Vous savez, des mélanges, des couleurs, du collage, qu'il s'en mettait plein les mains (et accessoirement plein le mur). Fidèle l'appareil photo qui rend compte de cela . À d'autres. Il est presque déjà trop tard. Capter quelques instants est possible, mais il en reste beaucoup là-bas, aux Parcelles Assainies, à Grand Yoff, à Pikine, Mermoz, Point E, au Port ou à la Médina. N'oubliez pas les textures, les odeurs, du bon au dégueulasse. Il est presque déjà trop tard. les dispositions verbeuses des verticales dakaroises n'ont pas que ça à dire. Il n'y a plus qu'à recommencer. Alors à bon entendeur bon vent, et santé! — Thierry Payet, extrait du catalogue, 1999. Projet urbain et phographies exposées à la Galerie Nationale de Dakar images © Thierry Payet |
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